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L'Heure Bleue 1

Abraham Aronovitch commença par me présenter sa démarche avec «Origine d’une Nation».  Première peinture qui dévoile et prédit tout le travail à venir. La palette dans les tons de bleus illustre parfaitement ces commencements qu’il soit question de la vie de Moïse ou des prémices picturales de l’artiste.  

Les titres ont une fonction importante, ils donnent des clés de compréhension. Il est souvent question des libertés. Liberté d’expression, liberté attaquée, liberté (re)trouvée, liberté restreinte… L’amour est toujours plus ou moins là, à l’instar de l’espoir que l’humanité saura se détourner des chemins dangereux.  

Abraham Aronovitch accorde également un intérêt particulier à sa palette de couleurs. Il développe en effet un parallèle entre celle-ci et ses sensations. Le choix et l’assemblage des couleurs participent à la force des tableaux. Elles retranscrivent ce que l’artiste ressent, ce qu’il souhaite partager, car ses peintures matérialisent également ses messages. La surface de la toile est animée par un jeu de vibrations colorées, mais également par la composition formelle qui oscille entre abstraction et figuration. Il joue avec les ombres, les aplats ou encore avec des mouvements contraires. Le sujet semble tantôt se dissoudre dans la matière, tantôt en émerger. Parfois, l’artiste complète ses tableaux avec un élément en volume pour aller encore plus loin dans ses réflexions, dans l’optique d’être au  plus près de ce qu’il souhaite articuler.

Selon le thème évoqué, nous sentons une inquiétude diffuse ou à l’inverse une forme d’apaisement.  L’œuvre d’Abraham Aronovitch nous installe dans une vision humaniste pleine d’espérance.  

Leïla Simon, Critique d'Art, membre de l'AICA, 2020

1 L’heure bleue est à entendre ici comme présageant de la levée du jour, mais également comme une petite bulle hors du temps, hors du monde (entre la nuit et le jour), une petite bulle de contemplation laissant libre court à l’imaginaire.

Lire le texte rédigé par Francesca Biagi-Chai pour ma participation au salon ART EN CAPITAL : "Un Art qui pro-voque"