Summer Day’s Dream, At Night, 2025
Acrylique sur toile
97 × 130 cm
Quand le miroir devient le lieu d'un décalage irréconciliable entre le corps éprouvé et l'image lumineuse du désir.
Summer Day’s Dream, At Night s’inscrit dans la série Behind The Obvious, dans laquelle Abraham Aronovitch fait du miroir de la salle de bain un dispositif de projection intérieure. L’œuvre articule un écart entre le corps vécu et le corps rêvé : une figure féminine, vue de dos, se tient à distance d’une scène estivale idéalisée, visible uniquement à travers le miroir. La peinture superpose ainsi une mémoire désirée — associée à l’enfance et à la maternité — et une conscience nocturne marquée par la fragilité corporelle.
Dans ce face-à-face, le miroir ne restitue pas une image réelle, mais une projection mentale. Son corps fragile demeure dans la nuit tandis que le reflet ouvre sur une scène d’été peuplée de silhouettes bleues assises dans l’herbe. Ce qui apparaît n’est ni un souvenir précis ni une anticipation concrète, mais la mise en tension d'un décalage intime entre désir et présence. L’image lumineuse persiste alors comme une trace onirique, obstinément inaccessible au présent.

