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Just Justice, 2026

Acrylique sur toile

130 x 97 cm

Face au cadran vide d’une justice institutionnelle en déliquescence, le miroir cesse de refléter l'être pour devenir le seul tribunal intègre : celui d'une conscience en résistance.

Dans Just Justice, Abraham Aronovitch sature le dispositif de sa série Behind The Obvious d’une charge critique radicale. Le carrelage, par sa clarté domestique, simule une normalité rassurante, brutalement démentie par la projection mentale qui s'opère dans le miroir. En haut à gauche, une horloge aux chiffres vides signale la faillite du temps social : celui d'une justice désespérément lente, où l'équité s'efface derrière l'arbitraire.

Le miroir n'est plus une surface de reconnaissance, mais une zone de stase chromatique où le sujet se confronte à la violence silencieuse du contrat social rompu. Aronovitch ne peint pas une injustice ponctuelle, mais le coût psychologique d'un système qui s'étire et s'égare. Entre la présence physique du premier plan et l'abysse du reflet, l'œuvre souligne une urgence politique : quand l'institution ne garantit plus l'égalité, le sujet est contraint de se replier sur sa propre "justesse". Le miroir devient alors le dernier tribunal souverain où l'individu, hors d'un temps dévoyé, doit prononcer son propre verdict.

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