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Vision Alternée, 2026

Acrylique sur toile

130 x 97 cm

Le miroir de la salle de bain devient un phoroptère intime : on n'y ajuste plus son apparence, mais la focale façonnée par les autres à travers laquelle on accepte enfin de se voir.

Dans Vision Alternée, Abraham Aronovitch radicalise sa réflexion sur le miroir en y substituant un phoroptère, instrument clinique de mesure optique. Ce déplacement transforme l'espace de l'intime en un lieu de constatation : nous ne nous voyons jamais à l'œil nu. L’œuvre révèle que notre regard sur nous-mêmes est une "vision appareillée", une focale préalablement réglée par la foule de ceux qui nous ont façonnés.

Les silhouettes nichées dans les verres de l'appareil ne sont pas de simples souvenirs, mais les artisans de notre propre perception. Le sujet ne cherche plus à corriger sa vue, il habite la focale imposée par les autres. Aronovitch peint ici la tension entre la présence charnelle et ces filtres mémoriels et sociaux qui décident de ce qui, en nous, doit être net ou laissé dans le flou. C'est un portrait de la conscience comme héritage, où l'image de soi est indissociable du regard de ceux qui nous habitent.

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